Troisième plus grand pays d’Amérique du Sud, le Pérou compte 31.25 millions d’habitants (chiffres de janvier 2016).

Environ 72 % de la population vit en milieu urbain. La capitale et plus grande ville du Pérou est Lima ( 8.5 millions d’habitants). C’est également le principal centre économique du pays.

L’espagnol, parlé par environ 70 % de la population, a longtemps été la seule langue officielle du Pérou, alors que les Amérindiens, descendants des Incas, représentent environ 45 % de la population. En 1975, le quechua, une des principales langues des Amérindiens, est également reconnu.

Histoire récente du Pérou

Les années 1980 à 2000 constituent la période la plus violente dans l’histoire récente du Pérou. Le Sentier Lumineux, mouvement de guérilla d’inspiration maoïste, s’oppose au pouvoir et progressivement le pays s’enfonce dans une guerre civile. Le mouvement agit d’abord dans les campagnes et les zones montagneuses: pressions sur les paysans, expropriations, assassinats, terres incendiées, kidnappings.

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Les populations victimes et traumatisées fuient alors en masse vers les villes. Mais celles-ci n’ont pas les infrastructures pour les accueillir: développement de bidonvilles, absence d’opportunités d’emploi.

En 1990, lors des élections présidentielles, les péruviens, inquiets des attaques terroristes du Sentier lumineux et des scandales de corruption, élisent Alberto Fujimori.

Pour améliorer la situation économique du pays, Fujimori adopte des mesures d’austérité très sévères. Il parvient à faire passer l’inflation de 7 650 % en 1990 à 139 % en 1991. En raison de l’opposition des députés à ces réformes, il dissout en 1992 le Congrès et modifie la Constitution. S’ensuivent des privatisations de nombreuses entreprises publiques, initiant un climat d’investissement plus favorable et une meilleure gestion.

Parallèlement, Fujimori mène une présidence autoritaire. Pour répondre aux attaques du Sentier Lumineux, il accorde à l’état-major militaire le pouvoir d’arrêter les personnes suspectées de terrorisme et de les juger en secret par des tribunaux militaires. Les droits et les libertés individuelles sont réduits. Dans le même temps, il encourage les habitants à former des patrouilles de campagne pour veiller à la sécurité des zones rurales, favorisant un climat de peur et de suspicion. Des milliers de péruviens sont arrêtés ou assassinés, parfois sans raison apparente.

En 1992, les activités de la guérilla diminuent, l’initiateur du mouvement Abimael Guzman est arrêté, ce qui porte un coup dur au Sentier Lumineux.

Fujimori met aussi en place un programme de stérilisation contrainte. Entre 1995 et 2000, 400 000 personnes, essentiellement les indigènes des zones déshéritées, sont stérilisées. L’objectif étant de diminuer le nombre de naissances dans les secteurs pauvres de la société péruvienne.

En 2000, Fujimori est destitué pour corruption et s’enfuit au Japon. En 2009, il est condamné à 25 ans de prison par le tribunal de Lima, notamment pour violations des droits humains.

L’économie actuelle péruvienne est fortement influencée par le contexte international. Cela se traduit par des facilités pour les investissements étrangers dans les secteurs miniers, les hydrocarbures et des privatisations de services tels que l’électricité et la téléphonie.

Ce processus de libéralisation touche directement la vie et le travail des habitants des zones rurales. Les initiatives locales étant menacées par les grands groupes.

Les dernières poches de résistance du Sentier Lumineux sont seulement arrêtées en 2012. Dans le Sud du pays, zone où l’on cultive la coca, aujourd’hui encore les combats continuent.