Deuxième pays le plus peuplé d’Amérique du Sud, la Colombie compte plus de 47 millions d’habitants.

Grand exportateur de café et de pétrole, c’est une des grandes puissances de l’Amérique Latine.

Mais sa bonne santé économique (taux de croissance de 4.5 % en 2015) cache une répartition des richesses inégales. En 2014, on estime à 15.2 % – soit 7 millions – le nombre de Colombiens vivant avec moins de deux dollars par jour.

Histoire récente de la Colombie

C’est pour contester une répartition inégale des terres que sont apparus les groupements armés en Colombie. Dès les années 1960, le territoire colombien est morcelé par différents groupes armés, parmi lesquels les FARC ( Forces Armées Révolutionnaires de Colombie), l’ELN (Armée Nationale de Libération) ou encore des groupes paramilitaires, tels que les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC).

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Dans les années 1970, avec le développement du narcotrafic, l’argent généré profite autant à corrompre le personnel étatique que les groupes armés. Trafiquants, guérilleros et paramilitaires étendent leur domination sur le territoire: expropriations des terres, massacres, enlèvements et assassinats sont quotidiens, notamment dans les campagnes.

La population fuit les zones de conflit et les grandes villes, telles que Bogota et Medellin, deviennent extrêmement peuplées.

À la fin des années 1990, le gouvernement se voit impliqué dans un scandale d’alliance avec les narcotrafiquants. Comme le chaos politique se prolonge, la guerrilla des FARC et de l’ELN, ainsi que les paramilitaires AUC, renforcent leur influence, en participant au contrôle des cartels de trafiquants.

C’est dans ce contexte que les FARC et le gouvernement colombien entreprennent des négociations de paix entre 1998 et 2002. Les négociations échouent, alors que le conflit est en pleine recrudescence. Le pays est alors en grave crise économique et les USA proposent de mettre en place le Plan Colombie, une stratégie d’entraide pour la lutte contre le trafic de drogues et le renforcement militaire.

Au début des années 2000, l’État négocie un processus de démobilisation des groupes paramilitaires, l’Armée nationale poursuit en revanche le combat contre les groupes guérilleros et paramilitaires ne déposant pas les armes.

Des décennies de conflit ont laissé des dizaines de milliers de morts parmi les civils et des milliers d’autres personnes sont portées disparues ou ont été déportées par les différents groupes impliqués.

Depuis 2012, un processus de paix est en pourparler pour entériner un conflit vieux de 50 ans entre les FARC et le gouvernement.

Aujourd’hui, les villes colombiennes sont surpeuplées: 73 % de la population vit en milieu urbain. Le flux migratoire reste important du fait de la grande précarité en campagne. Les grandes villes n’ont pas les infrastructures pour accueillir ces nouveaux habitants. Elles doivent faire face à des problèmes de taille, comme le traitement et le recyclage des déchets, le développement des transports en commun, l’acheminement et le traitement de l’eau.

Le climat social est tendu. La proportion de morts violentes atteint 80 pour 100.000 et touche surtout les jeunes hommes. Les droits humains se dégradent et bon nombre de la population est touché par l’insécurité alimentaire. Les femmes vivant en milieu rural sont les victimes les plus touchées par le conflit sans fin que connait le pays. Groupes armés et mafias continuent leur contrôle social. Les violences sexuelles et les assassinats sont monnaie courante. Les femmes ont du mal à faire entendre leurs voix, dénoncer ces exactions et faire valoir leurs droits.