Malgré un bel essor économique, au Pérou, 36.2% de la population vit dans la pauvreté et 12,5% dans l’extrême pauvreté.

Cette situation oblige les enfants comme les adolescents à travailler afin de subvenir aux besoins de leur famille. Ainsi, environ 3 millions d’enfants et d’adolescents  travaillent au Pérou, soit 1 enfant sur 3.

S’il est vrai que la législation péruvienne autorise le travail des enfants à raison de 4 heures par jour maximum, cela n’est légale que dès l’âge de 14 ans. Malheureusement souvent les enfants travaillent bien avant et les conditions dans lesquelles ces enfants travaillent sont dans la majorité des cas, très dures lorsqu’ils ne sont pas maltraités ou exploités.

De nombreuses jeunes filles sont confrontées au travail domestique. Celui-ci reste peu détectable car les activités sont concentrées dans la sphère familiale, et il n’est pas nécessairement considéré comme du travail. Les jeunes filles dans  cette situation sont souvent trop jeunes. Certaines commencent à travailler dès l’âge de 5 ans. Souvent si elles ont l’âge légal pour travailler elles font  plus d’heures que ce que la loi n’autorise et de ce fait ne sont pas toujours scolarisées.

Soutenu par GeTM, le CESIP (Centre des études sociales et publications) a mis en place des activités pour aider ces jeunes filles employées domestiques et faire respecter les lois en vigueur les protégeant.

Dernièrement un recensement des adolescentes travailleuses domestiques dans les écoles à Lima, Tumbes et Cusco a été fait.  L’objectif était de récolter les informations sur leurs conditions de travail  et les possibles violations de leurs droits. 158 adolescentes et 6 enfants ont pour l’instant participé au recensement. Ce chiffre malheureusement ne reflète que mal la réalité car beaucoup de jeunes filles employées domestiques ne vont  pas à l’école ou elles ne se définissent pas comme telles.

Les résultats de ce recensement démontrent des conditions de travail pénibles et un non-respect des lois et des droits des enfants. Ainsi:

–          Plus d’une fille sur deux commencent à travailler avant l’ âge légal soit avant 14 ans.  Ce chiffre va même jusqu’à 77 % à Tumbes.

–          Deux tiers des adolescentes reçoivent un salaire mensuel de maximum 300 soles (moins de 100€). Ce qui correspond à 40% du salaire minimum. 18% ne reçoivent aucune rémunération à Tumbes.

–          Entre 44 et 77% des employées ne peuvent pas prendre de vacances. De celles qui peuvent prendre des vacances, un nombre important d’adolescentes affirment ne pas recevoir de salaires pendant ces vacances.

–          Entre 81% et 94% des jeunes filles déclarent ne pas avoir de contrat de travail

–          16% d’entre elles ne détiennent pas de papiers à Cusco (certificat de naissance, carte d’identité…)

–          Un nombre élevé d’adolescentes déclarent avoir vécu des actes de maltraitances physiques au sein même de la famille  qui les emploie : 41% à Cusco, 26% à Tumbes et 22% à Brena.

–          Moins d’un tiers déclare avoir été en situation de risque au travail. Les situations à risque les plus fréquentes sont par exemples :utiliser du matériel corrosif, toxique ou de l eau bouillante, porter des choses trop lourdes pour une enfant ou utiliser des couteaux ou autres outils coupants.

Quelques résultats positifs cependant:

–          Entre 56% et 82% signalent qu’elles ont de bons rapports avec leurs employés

–          La majorité ont droit à un temps de repos dans la semaine.

 

 Pour en savoir plus sur nos activités pour promouvoir les droits des enfants au Pérou