Conformément à la Constitution fédérale et à la législation, le Conseil fédéral et le Parlement  définissent tous les quatre ans l’orientation stratégique de la coopération internationale (CI), qui permet à la Suisse de soulager les populations dans le besoin et de lutter contre la pauvreté. Pour la période 2021 à 2024, la stratégie proposée sera davantage ciblée pour gagner en efficacité. C’est ce que prévoit le projet d’orientation stratégique de la coopération internationale de la Suisse que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) ont mis en consultation publique du 2 mai au 23 août 2019 dans le cadre d’une procédure facultative.

Très axée sur les aspects économiques, cette stratégie tient compte des intérêts de la Suisse tant au niveau économique qu’en matière de politique migratoire. Le DFAE et le DEFR souhaitent améliorer l’efficacité par un recentrage des priorités thématiques et géographiques et l’utilisation des innovations et des technologies numériques. Par ailleurs, la nouvelle orientation doit permettre de réagir avec une plus grande souplesse aux crises et aux opportunités.

Pour la première fois, ce projet de message a fait l’objet d’une consultation publique. C’est dans ce cadre-là que GeTM a exprimé ses préoccupations quant à une vision de la coopération internationale au développement qui nous semble dépassée et qui reste questionnable.  Nous estimons qu’une stratégie de développement s’appuyant exclusivement sur la  croissance économique, telle que présentée dans le présent projet de message, entre en forte contradiction avec les valeurs propres à la coopération au développement telles que la  défense des droits humains, la réduction des inégalités, la promotion de la paix ou encore la préservation de l’environnement. 

A notre avis, le  projet de message ne propose en aucune manière une évolution en matière de coopération, mais implique au contraire une véritable rupture, et nous nous inquiétons des éventuelles conséquences en termes de légitimité de l’aide et d’image de la Suisse.

Nous soulignons également le manque de références à l’Agenda 2030 et aux engagements internationaux de la Suisse, les incohérences d’une coopération centrée sur les intérêts de la Suisse, l’illégitimité d’une coopération qui vise à réduire les migrations et –last but not least– la réduction des moyens financiers.

Lire la prise de position de GeTM ici.