Le projet contribue à la pérennité de la gestion communautaire de l’eau en Colombie par le renforcement des capacités de gestion organisationnelle, administrative, technique et politique de 194 aqueducs communautaires du département d’Antioquia; l’amélioration des systèmes d’aqueduc et la création et consolidation d’associations communautaires pour accroître leur capacité d’incidence sur les politiques publiques et obtenir la reconnaissance et la garantie de leurs droits au niveau local, national et international.

Projet en partenariat avec Penca de Sábila et Endacol – Colombie

La corporation Penca de Sábila a été créée en 1987 afin de promouvoir une gestion alternative de l’environnement. Elle défend le développement durable et lutte pour l’amélioration de la qualité de vie des habitants des secteurs populaires dans le département d’Antioquia.

Contexte et défis

L’eau en danger

La Colombie possède d’importantes ressources hydriques. Cependant, l’eau est menacée par la contamination due à l’extraction des ressources naturelles, l’agriculture intensive, la déforestation et la privatisation de l’eau. Des milliers de bassins versants et de cours d’eau sont gravement affectés par plus de vingt ans d’exploitation minière et énergétique, ainsi que par l’expansion de l’agro-industrie et des monocultures. 205 tonnes de mercure et 918’670 tonnes de substances chimiques sont déversées dans les sols et l’eau des rivières chaque année.

La distribution de l’eau est très inégale dans les différentes zones du pays. En Colombie, près de la moitié des habitants des zones rurales, soit plus de 9 millions de personnes, n’ont pas accès à l’eau potable et plus de 13 millions n’ont pas accès aux services des eaux usées. Cette situation est encore aggravée par le changement climatique : 318 capitales municipales peuvent présenter des problèmes de pénurie d’eau pendant les périodes sèches, ce qui affecterait une population de plus de 11’000  habitants.

La paix conclue entre le gouvernement colombien et la guérilla des FARC n’implique pas nécessairement la fin des conflits environnementaux. L’exploitation et la contamination de la nature ayant eu lieu pendant le conflit armé peuvent s’intensifier et s’aggraver en période de paix. Avec 24 leaders assassinés en 2017, la Colombie est l’un des pays les plus dangereux au monde pour les défenseurs de l’environnement. Le pays se trouve également au 2ème rang mondial des pays ayant le plus grand nombre de conflits environnementaux.

Participation des communautés

Face à ces risques, la société civile doit s’organiser afin de prendre part aux discussions à propos des problématiques environnementales et pour mener des actions d’incidence sur les politiques publiques. Les communautés organisées sont en effet des acteurs clés dans la protection de l’environnement. Elles peuvent mettre en place des mécanismes pour affronter les effets de la déforestation, de l’exploitation minière illégale et des activités agricoles ou productives sur l’eau et l’environnement.

En Colombie, 40% de l’eau fournie aux ménages ruraux est gérée par des communautés d’usagers – mieux connues sous le nom d’aqueducs communautaires – mis en place par les habitants eux-mêmes pour remédier à l’absence de services publics. Les aqueducs communautaires protègent, préservent et conservent également les écosystèmes dans leurs communautés.

Ces aqueducs sont aujourd’hui menacés par le gouvernement et les politiques de privatisation des ressources naturelles, qui conçoivent l’eau non comme un bien public, mais comme un bien commercial et un négoce lucratif. Ainsi, la surveillance et le contrôle des aqueducs communautaires augmentent, mais aucune politique ne prévoit leur renforcement ou leur reconnaissance en tant qu’acteurs clés pour la garantie du droit à l’eau en zones rurales et périurbaines.

Dans ce contexte, il est essentiel de défendre et de renforcer les formes d’autogestion communautaire de l’eau et la primauté de leurs droits sur les activités économiques, extractives ou industrielles qui affectent les écosystèmes.

Objectifs et démarche du projet

Le projet actuellement soutenu par GeTM contribue à garantir la pérennité de la gestion communautaire de l’eau dans le département d’Antioquia, en renforçant les capacités de gestion environnementale, administrative, organisationnelle et technique des aqueducs communautaires; et en obtenant leur reconnaissance en tant qu’acteurs avec une capacité d’incidence et d’action politique sur leur territoire au niveau local, régional et national.

Concrètement, le projet agit pour :

(1) Renforcer les compétences de gestion, organisationnelles et administratives des aqueducs communautaires, leur formation politique et leurs infrastructures grâce aux sessions de l’Ecole communautaire de l’eau et des échanges d’expériences.

(2) Accompagner les associations municipales, l’association départementale et le réseau national d’aqueducs communautaires, afin qu’elles deviennent des acteurs autonomes, capables de proposer des solutions collectives à des problèmes communs au niveau municipal, régional et national.

 (3) Obtenir la reconnaissance de la gestion communautaire de l’eau au niveau local, régional et national, à travers des actions d’incidence sur les politiques publiques et la présentation d’un rapport alternatif auprès des instances internationales des droits humains.  

Avec ce projet, Penca de Sábila permettra ainsi aux aqueducs communautaires de consolider leur rôle en tant qu’acteurs clés pour la réalisation effective du droit humain à l’eau dans leurs communautés et légitimera leur rôle dans la durabilité environnementale et dans les processus territoriaux de construction de la paix.

Le projet en bref

Objectif visé : Renforcement de la gestion communautaire de l’eau en Colombie.

ODD concernés: Eau propre et assainissement (6), Pas de pauvreté (1), Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques (13), Paix, justice et institution efficaces (16).

Région d’intervention: Colombie, département d’Antioquia, sous-régions de l’Est, du Sud-ouest et Aire métropolitaine.

Bénéficiaires: 2’915 personnes (1’298 hommes et 1’307 femmes) représentantes de 194 aqueducs communautaires de 24 municipalités d’Antioquia et 275’352 personnes qui ont accès à l’eau grâce à la gestion de ces mêmes aqueducs, localisés dans des zones rurales et périurbaines.

Durée du projet: 3 ans

Coût du projet: 415’996 CHF