Région des Savanes, Togo

La région la plus défavorisée du Togo

La région des Savanes, située à l’extrême Nord du Togo, est la région la plus défavorisée du pays de par sa position géographique et son climat. Le climat de type tropical soudanien est caractérisé par une longue saison sèche (octobre à mai) et par une saison pluvieuse (mai à octobre). Les sols y sont fragilisés par l’érosion éolienne, les feux de brousse et le déboisement en saison sèche et par un intense ruissellement pendant la saison pluvieuse. La forte aridité de la saison sèche ne favorise pas le développement des activités agricoles permanentes et accentue l’appauvrissement en eau et les difficultés pour les pratiques agricoles et d’élevage.

L’agriculture y est essentiellement de subsistance et constitue l’activité principale à laquelle s’adonne 96% de la population rurale. Plus de 95% des superficies cultivées sont occupées par les cultures vivrières et sont issues de techniques traditionnelles à faible productivité.

Les conditions climatiques ainsi que l’exploitation intensive des sols se répercutent sur la sécurité alimentaire des populations. De janvier à mai, les récoltes de l’année précédente viennent à manquer et les populations locales ne mangent pas à leur faim (périodes de soudure).

Le projet actuel soutenu par GeTM en partenariat avec le centre d’animation, de formation et d’appui aux activités rurales, CETRAMODE, donne suite à deux phases : la structuration de six organisations paysannes locales et le développement du petit élevage comme moyen pour assurer la sécurité alimentaire et pour créer des revenus complémentaires.

Redynamiser la vie sociale paysanne

Cette troisième phase du projet vise à redynamiser la vie sociale paysanne par la participation citoyenne dans les décisions locales, ainsi qu’à développer l’économie locale, par la diversification de la production et par l’amélioration de la productivité locale, tout en respectant l’environnement. Le projet intègre une proportion conséquente de femmes dans ses activités. Sur 92 membres des 6 groupements, on compte 68 femmes, soit environ 74% des bénéficiaires directs du projet. Ce fort taux des femmes s’explique par leur dynamisme et leur implication dans la vie communautaire.

Spécifiquement, le projet permet de :

  • Équiper les petits producteurs et renforcer leurs compétences techniques, afin de qu’ils puissent augmenter durablement les superficies cultivées et les rendements des différentes cultures. Un programme de gestion intégrée et durable des sols permet de rompre la dépendance vis-à-vis des engrais chimiques grâce à des techniques naturelles de production de plantes fertilisantes.
  • Faciliter la commercialisation des produits agricoles. Grâce à une formation adéquate, les paysans peuvent maintenant maîtriser les techniques de transformation et de commercialisation de leurs produits.
  • Contribuer à la professionnalisation des organisations paysannes et à la décentralisation administrative par l’élaboration concertée des plans d’action villageois.
  • Promouvoir les activités génératrices de revenus (cultures maraichères, crédits en nature, crédits en espèces, transformation de produits agricoles.).

Sur le long terme, ce projet permettra d’améliorer considérablement les rendements et les revenus des petits agriculteurs et éleveurs, tout en restaurant durablement la fertilité des sols et en consolidant un processus visant la souveraineté alimentaire.